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| Les différents objectifs de Paniscus |
L'association Paniscus a choisi d'agir en faveur des bonobos. Cependant, il est aujourd'hui inconcevable de protéger une espèce animale sans protéger son environnement. La survie d'une espèce dépend intimement de l'équilibre qui règne dans l'environnement qui lui a permis d'évoluer. C'est pour cette raison que Paniscus s'est fixé différents objectifs (cliquez sur les rubriques).
- 1. La Sensibilisation du grand public français
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La population française ressent un besoin grandissant de protéger la Nature et d'œuvrer en faveur d'un développement durable. De l'autre côté, le bonobo ainsi que le reste de la faune de la République Démocratique du Congo (RDC) sont méconnus en France. C'est pourquoi nous souhaitons confronter ces deux réalités et sensibiliser le grand public français à l'existence des bonobos, à leurs spécificités mais aussi aux dangers qui pèsent sur leur survie (déforestation, commerce de la viande de brousse,…) dans leur environnement naturel qu'est la forêt humide de RDC, son unique biotope.
Cette sensibilisation s'effectue par le biais d'interventions ponctuelles au sein de formations, au cours de colloques mais aussi grâce au site web, au bulletin d'information de l'association adressé régulièrement aux membres, ainsi que par le biais du programme d'échange épistolaire EchAss (Cf. plus loin).
- 2. Le Financement d'études in situ
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Quelques scientifiques étudiaient les espèces animales et/ou végétales de RDC. La guerre civile a malheureusement, très souvent, mis un terme à ces recherches, d'une part, et, d'autre part, elle a aussi modifié la situation écologique : la population humaine s'appauvrissant, les villageois et les belligérants sont entrés en forêt pour se nourrir, se cacher et subsister. Nous connaissions déjà fort peu le bonobo et les animaux qui lui sont sympatriques. Aujourd'hui, la seule chose dont nous pouvons être presque sûr, c'est que la situation est pire qu'avant la guerre ! Combien reste-t-il de bonobos ? Comment réagissent-ils aux modifications de leur environnement ? Dans quelles mesures leur forêt est-elle dégradée ? Toutes ces informations sont nécessaires, et bien d'autres encore, pour pouvoir agir concrètement et protéger efficacement les bonobos et la biodiversité de leur environnement. C'est la raison pour laquelle Paniscus cherche à collecter des fonds afin de participer au financement d'études sur le terrain qui puissent apporter leur lot d'informations sur ce biotope unique.
- 3. L'Aide au développement des populations locales
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On ne peut pas attendre des populations humaines locales qu'elles n'aillent plus chasser ou déboiser si leur situation économique est déplorable. C'est pourquoi une aide au développement comme l'envisage Paniscus s'insère tout à fait dans un programme de sauvegarde de l'environnement des bonobos. Cette aide au développement comprend plusieurs aspects se complètent et abondent dans le même sens.
3.1. Développement du Commerce Equitable
Les pays riches de l'hémisphère Nord ont besoin et achètent des denrées uniquement produites dans l'hémisphère Sud par des pays en voie de développement (café, cacao, banane, par exemple).Ce type de denrées est cultivable en RDC.
Pour en savoir plus sur le commerce équitable cliquez-ici!!
3.2. Développement de la chasse durable
La chasse traditionnelle, dite de subsistance, a tout lieu de continuer d'exister puisque c'est souvent la seule source de protéines pour les communautés humaines locales. Généralement, celles-ci ne chassaient pas traditionnellement le bonobo, puisque dans certains dialectes, le mot "bonobo" signifie même "ancêtre", donc consommer de la viande de bonobo équivaudrait à du cannibalisme ! Notre but est donc de réussir à rétablir le respect total des populations de bonobos, respect qui a souvent été perdu du fait des mouvements de populations en période de guerre et de massacres, mouvements qui ont engendré des brassages intercommunautaires aboutissant à une perte des repères et des traditions. Pour d'autres espèces, la chasse ne peut être totalement interdite, même si nombre d'entre elles sont protégées par des traités internationaux tels que la Convention de Washington, et nous militons donc en faveur d'une chasse durable, une chasse qui préserverait des populations animales viables à long terme, qui refuserait l'emploi de méthodes destructrices pour l'environnement ou qui causeraient des dégâts irréparables dans les populations animales, telle que la pêche à l'explosif ou au poison. Cette conception de la chasse ne peut évidemment être mise en oeuvre qu'en luttant activement toute forme de braconnage. Il nous faut donc posséder le maximum de données sur les effectifs des différentes populations animales, ainsi que sur leurs caractéristiques écologiques (Cf. 2). Une fois ces données réunies, un système de permis de chasse et un contrôle des prises pourra être mis en place, après qu'une sensibilisation auprès des chasseurs et des braconniers ait été menée. Ces derniers étant généralement les personnes qui connaissent le mieux les animaux qu'ils chassaient (puisque leur propre survie en dépendait), il faut envisager de leur fournir un emploi suffisamment rémunéré qui mette à profit leur savoir tout en les dissuadant de reprendre leurs activités illégales.
3.3. Développement d'élevages alternatifs
Viande et poissons sont les seules sources de protéines indispensables à l'équilibre alimentaire des populations locales. La chasse et la pêche sont donc des pratiques traditionnelles qui trouvent naturellement leur place au sein de toute société, y compris les plus modernes. C'est pourquoi Paniscus a choisi de favoriser une chasse durable (Cf. 3.2.). Mais dans le but d'alléger la pression de chasse exercée par les villageois, mais aussi tenter de limiter le commerce de la viande de brousse, l'implantation d'élevages alternatifs peut être envisagée. Par "élevages alternatifs", nous désignons l'élevage d'espèces à haut rendement mais qui ne sont pas traditionnellement exploitées d'une manière agricole. Dans cette optique, certaines espèces de rongeurs ont d'ores et déjà été placées en exploitation par le programme ECOFAC. De la même manière, le développement de la pisciculture est tout à fait envisageable, comme cela a été réalisé au Gabon dans le parc de la Lékédi.
La seule réserve à émettre concerne la culture ethnique des populations humaines vivant au cœur de la zone de distribution des bonobos. En effet, à l'heure actuelle, nous ne connaissons que peu les traditions locales. Une ethnie ou un clan pour qui l'élevage n'est pas traditionnel peut mettre en échec un tel programme. C'est pourquoi il est nécessaire d'étudier les différentes cultures représentées et d'en tenir compte avant d'entreprendre le programme de développement d'élevages alternatifs.
- 4. Programme EchAss : Echange épistolaire et Assistance technique scolaire
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Ce programme participe à la fois à la sensibilisation du grand public français aux bonobos et aux dangers qui mettent leur survie en danger, mais il contribue également à apporter un soutien technique aux écoliers congolais.
Dans un premier temps, Paniscus souhaite mettre en place un échange de courriers entre des écoliers français et congolais. Cet échange aurait pour thème la sauvegarde de l'environnement et lors de ce dernier, les élèves congolais seraient invités à parler des problèmes de braconnage et de déforestation mettant en péril la survie des bonobos mais aussi des autres animaux vivant dans les forêts congolaises. Il sera envoyé aux enseignants volontaires pour ce programme un livret pédagogique leur présentant quelques données sur la déforestation dans leur pays et sur les espèces animales vivant près d'eux, en mettant l'accent sur le bonobo, ceci afin de faciliter le travail préalable à l'échange épistolaire auprès des enfants de leur(s) classe(s).
A un premier niveau de lecture, cet échange devrait permettre de sensibiliser les écoliers français à la dégradation environnementale à laquelle nous devons faire face quotidiennement : ils seront, d'une part, exposés aux atteintes de la biodiversité congolaise, et, d'autre part, ils pourront être ensuite invités à réfléchir sur la biodiversité européenne et française (exemples de l'ours ou des vautours dans les Pyrénées, du loup dans les Alpes, du Pique-prune en Pays de la Loire, …).
A un second niveau de lecture, qui entre un peu plus dans le cadre des actions menées par Paniscus, ce sont les écoliers congolais qui sont la cible. Pour ce projet, il serait souhaitable que ce soit les petits Congolais qui initient l'échange. A Paniscus, nous pensons qu'il serait psychologiquement très valorisant pour ces enfants de se retrouver dans le camp des "donneurs de leçon". Il ne faut pas oublier que les pays africains ont subit une "éducation" forcée lors de la colonisation occidentale. N'oublions pas non plus que dans nulle autre région d'Afrique que dans la région aujourd'hui occupée par les deux Congo et l'Angola, il n'a été capturé plus d'hommes, de femmes et d'enfants pour en faire des esclaves... Dans un tel échange, nous espérons que les écoliers congolais se sentiront valorisés d'expliquer aux écoliers français ce qu'ils vivent, ce qu'ils ont appris sur leurs animaux et leur environnement, et ce qu'il faut faire et ne pas faire pour améliorer la situation écologique. De plus, nous pensons que pour pouvoir essayer de convaincre les écoliers français à préserver leur environnement, les enfants congolais auront à se persuader eux-mêmes d'abord.
En résumé, les actions essentielles d'un tel échange sont multiples :
- Ouverture mutuelle à la culture d'un autre peuple
- Sensibilisation à la protection de la nature
- Eveil aux notions d'écosystème et de biodiversité
- Découverte de diverses espèces animales et végétales exotiques
Dans un second temps, ce programme sera le prétexte à une aide sociale, sous la forme d'un assistanat technique, aux écoliers congolais. Le financement d'un mécène pourrait permettre l'envoi de cahiers et de stylos à l'effigie du bonobo, par exemple, afin de faciliter le travail en classe en offrant de meilleures conditions de travail aux enfants tout en leur faisant passer un message de protection de leur patrimoine naturel national. Cette assistance technique doit être envisagée sur le long terme : nous ne pouvons pas donner de bonnes conditions de travail aux écoliers pendant quelques mois puis ne plus rien leur fournir. Cette assistance doit donc être pérenne. La seule condition à son maintien ne doit être que la poursuite de l'échange.
- 5. Création d'une réserve
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L'objectif ultime de Paniscus reste la création d'une réserve ou d'un parc national au cœur de l'aire de répartition des bonobos afin de préserver entièrement cet environnement particulier et la richesse de sa biodiversité. Le Parc National de Kahuzi-Biega, à l'Est du pays, existe d'ores et déjà dans le but de préserver les gorilles de l'Est (Gorilla gorilla graueri) qui subsistent dans cette région, preuve, s'il en était besoin, de la volonté nationale et internationale de sauvegarder un patrimoine biologique inestimable. La constitution d'un tel parc, plus à l'ouest, entre le fleuve Congo et la rivière Kasaï, est donc tout à fait envisageable. Un projet avait déjà été proposé en 1990 par le World Wildlife Fund International qui avait recommandé de transformer en réserve les 3800 km² de la forêt de Lomako, mais le projet ne fut jamais concrétisé à cause de l'instabilité politique. Avant de reprendre ce dossier, il est nécessaire de mener les études énumérées précédemment afin d'évaluer la situation au sein de ce massif forestier et de la comparer à la situation d'autres forêts qui seraient peut-être plus à même, aujourd'hui, d'accueillir ce type de projet.
Une fois mise en place, une telle réserve serait un moyen de créer des emplois. En effet, il faudra que le site soit surveillé en permanence pour éviter toute dégradation, pillage ou braconnage. Des postes de "rangers" seront donc à instaurer. Mais pour être mieux perçue et acceptée par la population locale, la réserve doit compenser l'absence d'exploitation directe des richesses de la forêt en étant génératrice de nouvelles sources de revenus et en modifiant la manière d'appréhender l'exploitation de ces richesses. Une telle réserve doit être source de développement local. L'écotourisme est une alternative qui peut permettre de valoriser le patrimoine naturel tout en offrant des emplois au sein de la structure d'accueil touristique : guides, chauffeurs, secrétaires, agents d'entretien, personnels d'accueil,… La région visitée par les touristes a aussi la possibilité de se développer économiquement par l'installation de services, de commerces, etc. grâce à la visite de touristes. Un bon exemple est donné par le Rwanda qui a su préserver, au moins en partie, l'inestimable richesse que représente la présence de gorilles de montagne à l'ouest du pays. Des visites sont là-bas organisées pour les touristes. A ce jour, cette activité éco touristique développée au sein du "Parc National des Volcans" représente la troisième source de revenu du pays.
Le projet Lomako peut se révéler être une véritable manne pour ce pays, non que la RDC soit dépourvue de ressources, loin de là. Mais peut-être est-ce un projet qui s'intègre au mieux en impliquant les populations autochtones tout en les valorisant.
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