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Joseph Kabila, premier président élu du Congo
Posté par Webmaster le 18/11/2006 à  15h06

Le général major Joseph Kabila, 35 ans, est le premier président démocratiquement élu en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) depuis l'indépendance de cette colonie belge, en 1960.

Les résultats du second tour de l'élection présidentielle, qui a eu lieu le 29 octobre, ont été annoncés, mercredi 15 novembre dans la soirée, au Grand hà´tel de Kinshasa placé sous haute surveillance des casques bleus de l'ONU. En aoà»t, la publication des chiffres du premier tour avait donné lieu à  trois journées de violences meurtriàres.

Joseph Kabila, fils et successeur en 2001 de Laurent-Désiré Kabila, l'homme qui avait renversé la dictature de Mobutu en 1997, a obtenu 58,05 % des suffrages exprimés, contre 41,95 % à  son adversaire, Jean-Pierre Bemba, 44 ans, héritier du mobutisme, selon les chiffres annoncés par l'abbé Apollinaire Malumalu, le président de la Commission électorale indépendante (CEI). Les candidats disposent de trois jours pour transmettre des recours à  une cour supràme de justice.

Si cette instance confirme le résultat, Joseph Kabila sera officiellement investi le 10 décembre. Son élection marque le terme des quatre années de "transition", qui ont suivi une longue période de guerre (1996-2002) ayant causé la mort de plus de trois millions de personnes.

Dàs l'annonce des résultats, M. Kabila est intervenu à  la télévision, se présentant comme "le président de tous" les Congolais, demandant à  ses compatriotes de "rester unis et de vivre dans la fraternité et la tolérance". La veille, il avait déclaré qu'il n'hésiterait pas à  faire rétablir l'ordre en cas d'agitation. Mercredi soir, alors que des manifestations de liesse accueillaient la victoire de M. Kabila dans les villes de l'est du pays o๠il domine, la capitale Kinshasa, o๠M. Bemba est largement majoritaire, est restée calme.

"HOLD-UP à‰LECTORAL"

Le candidat battu n'avait pas réagi jeudi matin au résultat annoncé, mais son directeur de campagne, Fidàle Babala, a dénoncé un "hold-up électoral". Contestant "un score factice qui ne reflàte pas le vote transparent que voulaient les Congolais", il a réfuté cependant l'hypothàse d'une riposte violente. M. Babala estime que "le pays n'a pas besoin de plus de troubles" et que "ce n'est pas la rue qui construit une démocratie". "Nous réagirons en constituant une opposition constructive, mais nous ne ferons pas le plaisir de blanchir un pouvoir qui commence par une tricherie."

De son cà´té, William Swing, le représentant spécial des Nations unies en RDC, a, jeudi matin sur Radio France internationale, "félicité les Congolais pour le calme et la sérénité avec lesquels ils ont fait leur devoir et montré leur détermination à  choisir leurs dirigeants".

La violente mise en cause de l'honnàteté du processus électoral par l'archevàque de Kinshasa, Mgr Frédéric Etsou, fait cependant craindre une réaction violente dans la capitale congolaise, o๠des affrontements ont fait 4 morts, samedi 11 novembre.

Les observateurs de l'Union européenne font état d'"abus clairs" des "listes dérogatoires" d'électeurs - 1,5 million sur 25 millions -, censées permettre le vote de personnes omises ou autorisées à  voter loin de leur domicile. Mais ils notent que ce phénomàne "massif" est relevé aussi bien dans les provinces acquises à  M. Kabila, comme le Katanga, que dans celles o๠domine M. Bemba, comme l'Equateur. Selon eux, ces anomalies ne devraient "pas avoir d'incidence sérieuse sur le résultat de la présidentielle".

Philippe Bernard Le Monde 17/11/2006

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