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Un second tour crucial en RD Congo pour les Etats de la région
Posté par Webmaster le 25/10/2006 à  11h37

Le second tour de l'élection présidentielle au Congo démocratique ce dimanche, sera étroitement surveillé par les Etats de la région qui ont été directement impliqués dans la guerre de 1998-2003 en ex-Zaïre.

Au plus fort des affrontements, six armées étrangàres ont combattu pour obtenir la mainmise sur les ressources du pays. Le conflit avait été provoqué par une offensive de groupes rebelles envoyés par l'Ouganda et le Rwanda pour renverser leur ancien allié Laurent Kabila.

Ce dernier fut assassiné par l'un de ses gardes du corps en 2001 mais son clan, sous l'influence du Zimbabwe et de l'Angola, permit à  son fils, Joseph, de lui succéder.

A quelques jours du second tour de l'élection présidentielle qui opposera Kabila à  l'ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba, les Etats voisins de la République démocratique du Congo (RDC) refusent officiellement de se prononcer en faveur de l'un ou l'autre des candidats.

Mais selon des analystes, Kabila dispose d'un plus grand nombre de soutiens dans la région.

"Selon moi, le diable que l'on connaà®t est parfois moins effrayant que celui qu'on ne connaà®t pas", explique Ross Herbert, analyste à  l'Institut sud-africain des Affaires internationales.

"Kabila n'a pas fait la démonstration de sa capacité à  diriger ou à  redresser la situation (...) Mais apràs, en ce qui concerne Bemba, son message n'est pas vraiment clair", ajoute Herbert.

Apràs un processus de paix long, tendu, et coà»teux qui n'a pas mis fin à  la violence des groupes armés toujours présents dans l'est du pays, les Etats de la région craignent surtout qu'un nouveau conflit éclate si l'un des deux candidats refuse le résultat du scrutin.

La région toute entiàre pourrait pà¢tir d'un nouvel embrasement en RDC. "Les investisseurs, notamment les Européens et les Asiatiques, ne font pas la différence entre les pays lorsqu'ils regardent la région", analyse Chileshe Mulenga, directeur d'un Institut de recherche économique et sociale à  Lusaka en Zambie.

CONCURRENCE

L'issue du scrutin de dimanche intéresse au plus haut point les Etats voisins de la RDC qui y possàdent des intéràts économiques, militaires ou stratégiques et sont en compétition les uns avec les autres.

"L'Afrique du Sud aimerait stabiliser puis investir au Congo", explique Henri Boschoff, de l'Institut sud-africain de recherche en sécurité. "Mais l'Angola considàre le Congo démocratique comme son pré carré. Il sera intéressant de voir comment ces deux pays s'accommoderont l'un de l'autre au Congo."

Le Rwanda, qui a combattu le clan Kabila pendant des années, semble aujourd'hui accepter Joseph Kabila.

"Nous ne soutenons aucun candidat. Nous voulons oeuvrer en paix avec celui qui sortira vainqueur", a déclaré Rosemary Museminari, ministre rwandaise de la Coopération. Selon elle, si des violences éclatent au second tour, elles pourraient ramener toute la région "au chaos".

Les deux candidats se sont engagés à  régler la question, cruciale pour Kigali, de la présence dans le pays de nombreux Hutus rwandais qui se sont réfugiés en RDC apràs le génocide de 1994.

Mais les deux camps ont développé une rhétorique agressive à  l'égard du Rwanda pendant la campagne.

"Pour qu'une personne montre combien elle est Congolaise, elle doit accuser son rival d'àtre Rwandais (...) Cela montre le niveau d'hostilité. Je pense que Kigali n'a rien à  gagner en apportant son soutien à  l'un des candidats", estime Shyaka Kanuma, rédacteur en chef du magazine rwandais de langue anglaise Focus.

Quant à  l'Ouganda, il espàre secràtement une victoire de Bemba, croit savoir Paul Omach, spécialiste de sciences politiques à  l'université Makerere de Kampala. "Kabila a envoyé l'Ouganda devant la Cour internationale du justice pour l'invasion du Congo", souligne-t-il.

Mais les responsables ougandais ont fait savoir qu'ils désiraient avant tout la paix, apràs des années d'attaques transfrontaliàres menées par des groupes rebelles ougandais installés en RDC.

"Nous voulons un environnement stable", a déclaré Ruth Nankabirwa, ministre de la Défense de l'Ouganda. "Si la RDC est stable, l'ouest de l'Ouganda sera stable."

Reuters 24/10/2006 L'Express

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