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L'Eufor, pompier de la derniàre chance en RDC
Posté par Webmaster le 11/10/2006 à  17h26

Kinshasa de notre correspondante

Alors que les Kinois se demandent si l'Eufor, la force européenne déployée depuis juin en République démocratique du Congo, va rester jusqu'au second tour de la présidentielle, le 29 octobre, celle-là multiplie les gaffes. Mardi, elle a perdu un drone qui a fait un mort et deux blessés en s'écrasant à Kinshasa. Le même jour, les Allemands tiraient un feu d'artifice pour leur fête nationale. Excellente idée dans une ville sous haute tension, où la moindre pétarade peut dégénérer ! Nombre de Kinois ont passé une mauvaise nuit, persuadés que la guerre avait repris. Malgré tout, au marché de Ndolo, Didier veut croire que l'Eufor va rester. «Les Européens ont dépensé trop d'argent dans ce processus électoral pour ne pas l'aider à aller jusqu'à son terme !» 

Sécuriser. Mais à quoi sert l'Eufor ? Ses 1 000 hommes (plus 1 200 basés au Gabon en réserve) forment une force d'interposition rapide, dirigée sur le terrain par les Français et commandée par les Allemands depuis Potsdam. Une première en Afrique. Son mandat, sous l'égide de l'ONU, consiste à appuyer les 17 500 Casques bleus de la Monuc. Un «pompier de la dernière chance», selon son porte-parole, Thierry Fusalba.

A leur arrivée à Kinshasa, les militaires européens s'étaient heurtés à l'incompréhension des Kinois : «Qu'est-ce que vous venez faire là, on a déjà la Monuc !» Ils étaient persuadés que les soldats européens étaient venus aider Kabila, le président de transition sortant et grand favori du scrutin, accusé d'être soutenu par la France et la Belgique, l'ex-puissance coloniale. Du coup, l'Eufor a passé son temps à communiquer auprès de la population. «On a reconstruit des écoles, refait des routes, distribué des vêtements», explique le commandant Eric Mariel.

Le 20 août, quelques heures avant l'annonce des résultats du premier tour et de la mise en ballottage de Kabila, les hommes de la garde présidentielle ont attaqué le QG de Bemba, l'Eufor a mis trois heures pour intervenir, «un temps très rapide compte tenu qu'il fallait le feu vert de Potsdam», se défend Fusalba. Le calme était revenu au bout de trois jours. «Les Congolais ont changé de regard sur nous», assure le colonel.

Renouvellement. De fait, les opposants à l'Eufor militent désormais pour son maintien au-delà du 30 novembre. Mais Franz Josef Jung, le ministre allemand de la Défense, vient d'écarter cette idée. Et Javier Solana, haut représentant de l'UE, a assuré que les Vingt-Cinq ne le souhaitaient pas pour le moment.

Blandine FLIPO 07/10/2006 Libération

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