Bruxelles, Belgique — Le 26/02/07 - A l'occasion de l'ouverture de la
conférence de Bruxelles sur la « Gestion durable des forêts
en République démocratique du Congo », Greenpeace rend
publiques des preuves documentées de l'étendue de l'abattage
illégal du bois dans ce pays. L'entreprise forestière ITB est
mise en cause.
En mai 2002, le gouvernement congolais a instauré un moratoire sur
l'allocation, l'extension et le renouvellement des titres de coupe. Ce moratoire
a depuis lors été violé à de nombreuses reprises.
Plus de 21 millions d'hectares - soit plus d'un tiers de la surface de la France
- sont aujourd'hui aux mains de l'industrie forestière... « Des
acteurs clés s'apprêtent à se réunir pour discuter
de l'avenir des forêts du Congo... Mais pour que celles-ci aient le moindre
avenir, il est faut d'abord contenir l'abattage industriel du bois. Concrètement,
cela signifie annuler tous les titres octroyés, renouvelés ou échangés
en violation du moratoire de 2002 et étendre celui-ci pour arrêter
la dynamique de mainmise sur les forêts en RDC », souligne
Stephan Van Praet, coordinateur de la campagne Forêts africaines de Greenpeace
International.
Greenpeace met aujourd'hui en lumière les pratiques de l'entreprise
forestière ITB (Industrie de transformation de Bois).
Cet société est active dans la région du Lac Tumba avec
deux titres de coupe couvrant 294.000 hectares de forêts. Or, ces deux
titres ont été alloués après mai 2002, donc en
violation complète du moratoire. Cette société pratique
par ailleurs ses activités sans plan d'aménagement alors qu'elle
abat des essences à haute valeur commerciale comme le Wengé.
La région où ITB opère est identifiée comme prioritaire
en matière de conservation. Il s'agit d'une aire de répartition
critique pour le singe bonobo et d'autres espèces menacées de
disparition comme l'éléphant de forêt et l'hippopotame.
De nombreuses communautés 'pygmées' Twa et Bantous vivent également
de ce territoire.
« Les compagnies forestières nous promettent monts et
merveilles : du travail, des écoles, des centres de santé....
En réalité, la seule chose qui les intéresse est leur
profit à court terme. Que se passera-t-il quand ils auront vidé nos
forêts? Ils nous laisseront avec des routes défoncées et
toujours pas de toits sur nos écoles ni de médicaments dans nos
dispensaires... L'exploitation industrielle du bois n'apporte aucun bénéfice ! » précise
le Pasteur Matthieu Yela Bonketo, coordinateur du CEDEN, une ONG congolaise
présente à Bruxelles la semaine prochaine.
Greenpeace demande que tous les titres octroyés, échangés
ou renouvelés en violation du moratoire de 2002, incluant ceux d'ITB,
soient annulés. Greenpeace demande également une prolongation
du moratoire jusqu'à ce qu'un plan de zonage complet et participatif
ait été établi et qu'un niveau de gouvernance suffisant
soit en place dans le secteur forestier.
Greenpeace - 26/02/20007 - www.greenpeace.org