Cannes, France — Le 15/02/07 -
Après une première action
ce matin où Greenpeace avait déployé une banderole « Non
au pillage des forêts africaines » non loin du Palais des festivals,
une dizaine de militants portant des masques de Jacques Chirac ont mimé cet
après-midi la protection des forêts. Les « présidents » ont
pris position autour des palmiers de la célèbre croisette pour
les protéger. Par cette action symbolique, Greenpeace demande au président
de la République de passer du discours aux actes.
Lors de son discours d’ouverture du 24ème Sommet des Chefs d’Etat
d’Afrique et de France, M. Chirac a montré son intérêt
pour les forêts de République Démocratique du Congo. Il
a recommandé « la poursuite de l’embargo sur l’exploitation
des forêts primaires de République Démocratique du Congo
aussi longtemps que l’Etat ne pourra exercer pleinement sa vigilance ».
Greenpeace reconnaît l’avancée de cette position mais attend
maintenant un passage aux actes en intégrant explicitement la protection
de la biodiversité.
« M. Chirac doit maintenant être pro-actif auprès de la
Banque mondiale pour que la biodiversité soit sauvegardée, qu’un
plan de zonage soit fait avec les populations locales pour qu’enfin les
forêts de République Démocratique du Congo soient protégées » déclare
Pascal Husting, directeur de Greenpeace France.
En effet la France, et en particulier la Présidence de la République,
doit maintenant faire preuve de volontarisme auprès de la Banque mondiale
pour que 60 millions d’hectares de forêt potentiellement disponible à l’exploitation
soient enfin bien gérées et protégées en République
Démocratique du Congo. La Banque mondiale a, en mai 2002 et en octobre
2005, poussé le gouvernement congolais à mettre en place un moratoire
sur l’attribution de nouveaux titres forestiers. Ce moratoire révisant
la légalité des titres forestiers risque de prendre fin cette
année.
Greenpeace demande qu’avant l’attribution de nouveaux titres forestiers,
un plan de zonage écologiquement et socialement pertinent soit fait
en partenariat avec les populations locales et que les titres déjà attribués
en violation du moratoire soient annulés. Le plan de zonage est le seul
dispositif permettant de développer une logique de protection de la
biodiversité.
« La Banque mondiale et la République Démocratique du
Congo doivent tirer les leçons du Cameroun et ne pas reproduire les
mêmes erreurs en promouvant une exploitation forestière qui ne
bénéficie pas à la population et se transforme en désastre écologique » conclut
Pascal Husting, avant de lancer un appel solennel : « Monsieur le Président,
Greenpeace vous demande un pas supplémentaire pour la protection d’une
forêt unique et indispensable. La France doit intervenir d’urgence
pour aider à sauver le deuxième poumon de la planète »,
conclut Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France.