L'institut congolais pour la Conservation de la nature (ICCN) organise la
troisième réunion annuelle de la Coalition pour la conservation
de la nature au Congo (CocoCongo) avec ses partenaires au développement.
L'objectif de ces assises consiste à faire l'état des lieux de
la conservation de la nature durant les douze derniers mois avant d'entrevoir
des pistes pour l'avenir.
Le ministre sortant de l'Environnement, Conservation de la Nature, Eaux et
Forêts, Elias Mulungula a procédé à l'ouverture
des travaux de la troisième réunion de la Coalition pour la conservation
de la nature (Cococongo). C'était en la salle des conférences
du ministère des Affaires étrangères. Plus d'une centaine
de participants, experts et bailleurs de fonds oeuvrant dans le secteur de
l'Environnement prennent, part à ces travaux.
Le ministre sortant de l'Environnement a rappelé le caractère
particulier des assises qui se tiennent à un moment crucial pour la
RDC qui entre ainsi dans la troisième République après
une longue période de transition. Période pendant laquelle la
conservation des ressources naturelles de la RDC a connu une conjoncture particulièrement
très difficile. « Le gouvernement de la république, conscient
de l'importance que revêt la conservation de la biodiversité aussi
bien pour nos populations que pour l'humanité entière, s'était
employé à donner le meilleur de lui-même afin de garantir
la pérennité des écosystèmes dans les Aires protégées
sur l'ensemble du pays », a dit l'homme d'Etat congolais. Et Mulungula
d'ajouter : « Bien plus, nous avons toujours conscience de notre responsabilité vis-à-vis
de la Communauté internationale pour laquelle la responsabilité,
la protection de l'environnement et la conservation durable de la biodiversité constituent
un enjeu vital pour l'humanité. La RDC a besoin, dans le contexte actuel
de son cheminement, de la solidarité internationale exprimée
en termes d'appuis massifs devant lui permettre si pas d'éradiquer,
du moins deréduire toutes les menaces auxquelles font face les écosystèmes.
Prenant la parole à son tour, l'Administrateur délégué général
de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), pasteur Cosma
Wilungula Balongelwa a fait le point sur l'état de la conservation du
patrimoine naturel dans les aires protégées de la RDC avant de
plancher sur les préoccupations et les attentes de son institution.
Il s'est aussi appesanti sur l'avenir des ressources naturelles durant la troisième
République au regard de défis réels que pose la problématique
de la conservation en RDC.
Le numéro un de l'Iccn est revenu sur les différentes menaces
qui pèsent sur les écosystèmes congolais. « Il y
a le braconnage commercial perpétré par divers groupes armés,
les occupations illégales encouragées par les notables locaux
surtout, les activités illégales dont la pêche, l'exploitation
minière et la coupe de bois, la présence caractéristique
de dizaines de positions militaires particulièrement dans le parc national
des Virunga, la contestation des limites par les populations riveraines soutenues
par les élus locaux Il a aussi relevé le cas de Cadastre minier
qui a délivré plus de soixante dix sept « permis d'exploitation
minière » à des tiers sur une dizaine d'aires protégées
au mépris de la loi en vigueur. Le permis d'exploitation minière,
suivant les prescrits de la loi congolaise, est un titre de propriété foncière
au même titre que le certificat.
Il a salué l'apport des différents bailleurs bilatéraux
et multilatéraux dans le domaine environnemental traduisant l'engagement
de la communauté internationale en faveur de l'ICCN dans le but de préserver
la riche biodiversité de la RDc, deuxième poumon économique
du monde. Il s'agit entre autres de la Banque mondiale, de l'Union européenne,
du Gef Pnud, de l'Unesco, de la GTZ et plusieurs autres bailleurs.
Godefroid Ngamisata - Kinshasa - 16/02/2007 - Le Potentiel