« Forêts du Congo : pour une politique de la France responsable
et transparente » : A quelques jours de l’ouverture du sommet France
Afrique les 15 et 16 février à Cannes, Greenpeace souligne la gravité de la situation des forêts du
Bassin du Congo. Le modèle d’exploitation forestière promu
par la France et les autres bailleurs de fond a des conséquences environnementales,
sociales et économiques dramatiques. Greenpeace appelle donc Jacques
Chirac à en tirer les leçons et à s'engager concrètement
en faveur de la protection des dernières forêts primaires africaines.
Aujourd’hui, la deuxième forêt tropicale de la planète
est plus que jamais en péril, résistant mal aux coups de butoirs
de l’exploitation industrielle et de ses effets induits : pillage incontrôlé des
ressources et destruction du cadre de vie de dizaines de millions de personnes.
L’exploitation de la forêt ne profite pas aux populations locales
mais aux exploitants étrangers et à leurs réseaux affiliés.
Après le Cameroun, le Gabon et la République du Congo, la même
tragique histoire risque de se répéter en République Démocratique
du Congo, jusqu’alors relativement préservée de la menace.
« La France et les exploitants français ont une part importante
de responsabilité à assumer dans le bilan déplorable de
l’industrie forestière. Au lieu de reproduire continuellement
les mêmes erreurs, il est temps d’en tirer les leçons ! » explique
Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts africaines à Greenpeace
France. « Des modes d’exploitation écologiquement et socialement
viables doivent être encouragés. La situation en République
Démocratique du Congo offre aujourd’hui à M.Chirac l’opportunité de
faire enfin de la France un acteur politique responsable et transparent. » Pays
grand comme l’Europe de l’Ouest, la République Démocratique
du Congo (RDC) contient la moitié de la surface de forêts du Bassin.
Le gouvernement nouvellement élu au sortir de dix années de guerre
civile doit décider de l’avenir d’un espace forestier qui
attire toutes les convoitises. Les conditions d’une exploitation socialement
et écologiquement responsable sont toutefois loin d’être
réunies. « Donner aux industriels les clés d’une
forêt relativement préservée condamnerait ce patrimoine
hors du commun, compromettrait l’existence de plus de 40 millions de
personnes et mettrait à mal l’une de nos plus importante barrière
contre le réchauffement climatique» précise Filip Verbelen,
spécialiste des forêts africaines pour Greenpeace International.
Greenpeace demande à Jacques Chirac de traduire en actes ses beaux
discours et de s’engager concrètement en faveur de la protection
des forêts encore intactes d’Afrique Centrale. La France doit cesser
de promouvoir, aux côtés de la Banque Mondiale, un modèle
d’exploitation forestière aux conséquences dramatiques.
En RDC, il s’agit d’appuyer le processus de révision de
la légalité des titres forestiers existants et de proroger le
moratoire sur l’attribution de nouveaux titres. Ce moratoire ne pourra être
levé que lorsqu'un plan de zonage exhaustif, transparent et concerté aura été établi,
que les forêts à préserver auront été identifiées
et qu'une gouvernance efficace dans toute la chaîne du bois sera garantie.
Compte tenu des carences actuelles, on ne peut que s’étonner que
l'AFD ait déjà l'intention de soutenir les sociétés
forestières en RDC…
Greenpeace appelle à soutenir la manifestation mardi 13 février
en conclusion du Sommet citoyen France Afrique qui se tient en ce moment à Paris
et sera présent à Cannes le 15 février pour manifester
aux côtés de nombreuses autres ONG.
Pierre Melquiot - www.actualites-news-environnement.com -12/02/07