Quelques 5.000 gorilles sauvages seraient victimes, en République démocratique
du Congo et au Gabon, du redoutable virus d’Ebola, à l’origine également
d’épidémies meurtrières chez l’homme en Afrique
centrale, signale un groupe de biologistes dans la revue Scientifique de vendredi.
Ces scientifiques de terrain, dirigés par Magdalena Bermejo, de l’université de
Barcelone (Espagne) et travaillant sur place pour le programme européen
ECOFAC (Ecosystèmes forestiers d’Afrique centrale), ont assisté quasiment
en direct, depuis 2002, à la disparition de l’écrasante
majorité des primates dont ils étudiaient le comportement à l’état
sauvage.
Magdalena Bermejo et ses collègues, qui observaient depuis 1995 un
groupe de gorilles habitués à leur présence dans la réserve
de Lossi (nord-ouest du Congo/Brazzaville, à la proximité de la
frontière gabonaise), ont constaté brusquement, en 2002, que
neuf sur dix des 238 gorilles rencontrés quasiment au quotidien manquaient à l’appel.
La découverte de cadavres sur lesquels le virus de la souche dite
du Zaïre de la fièvre hémorragique d’Ebola (ZEBOV) a été diagnostiqué a
permis d’expliquer ces disparitions soudaines.
Des trouvailles semblables faites depuis cette date conduisent les auteurs
de l’étude publiée dans l’hebdomadaire scientifique
américain à estimer, par extrapolation, qu’un total
oscillant entre 3.500 et 5.500 gorilles (90 à 95% de la population) a
dû être tué entre 2001 et 2005 par cette maladie, qui a provoqué aussi
plusieurs épidémies humaines dans la région.
Depuis 1976, le virus d’Ebola a provoqué plusieurs épidémies
humaines dont les premières victimes étaient les personnes qui
avaient manipulé des carcasses de grands singes (gorilles et chimpanzés)
trouvés morts.
Le vrai « réservoir » du virus d’Ebola serait
des chauves-souris mangeuses de fruits, selon l’étude française
publiée l’année dernière. Ses auteurs avaient alors émis
l’hypothèse selon laquelle es grands singes, également frugivores,
se contaminaient au contact des chauves-souris, par le sang et les liquides
placentaires disséminés lors de la mise à bas des bébés
de ces mammifères volants, qui intervient lors de la saison sèche.
L’Avenir/AP Digitalcongo 12/12/2006