La présidence de la République sera la deuxième institution
installée après l’Assemblée nationale.
Initialement prévue pour le 10 décembre 2006, la prestation
de serment par le président élu à la faveur de la présidentielle
organisée en République démocratique du Congo intervient
ce mercredi 6 décembre. Les préparatifs vont bon train. Le décor
est en train d’être planté. La capitale congolaise va connaître
une ambiance de fêtes. Elle accueillera plusieurs chefs d’Etat
africains et des autres continents du monde pour participer à cette
cérémonie.
Joseph Kabila Kabange est le tout premier président élu au suffrage
universel direct dans ce pays. Quatrième président de la Rdc
après Joseph Kasa-Vubu, Joseph Désiré Mobutu et Laurent
Désiré Kabila, Joseph Kabila est par ailleurs le premier Chef
d’Etat de la 3ème République en Rdc.
La prestation de serment par Joseph Kabila ce mercredi consacre la mort du
schéma 1+4 et cela pour toujours et à jamais. Le pays sera dirigé maintenant
en tenant compte de trois pouvoirs classiques notamment les pouvoirs législatif,
exécutif et judiciaire. La Constitution du 18 février consacre
l’indépendance de ces trois pouvoirs.
Dans l’ambiance de la fête, on confirme déjà la présence
du président sud africain Thabo Mbeki à la cérémonie
de prestation de serment. C’est lui le parrain de l’Accord global
et inclusif. Jamais le peuple congolais ne pourra oublier l’implication
de son homologue sud africain dans le processus électoral en Rd Congo.
En perspective de ces festivités qui inaugurent un Etat démocratique
basé sur le respect des droits de l’homme, le dispositif sécuritaire
est bien déployé. Toutes les unités des Forces armées
de la République Démocratique du Congo (Fardc), la police nationale
congolaise (Pnc) et l’Agence nationale de renseignement (Anr) sont en
alerte. La contribution de la Monuc et de l’Eufor aux unités congolaises
dans les patrouilles mixtes à travers la capitale congolaise n’est
pas à démontrer.
Dès qu’il aura prêté serment, Kabila se mettra au
travail en attendant que toutes les institutions soient mises en place au complet.
Déjà à l’Assemblée nationale, on attend
l’entérinement du règlement intérieur par la Cour
suprême de justice afin de permettre à celle-ci de constituer
des groupes parlementaires. Un député a déclaré que
si après prestation de serment par le président de la République,
la formation du gouvernement tardera à venir, cette situation sera due à la
constitution des groupes parlementaires.
« La Constitution stipule que le premier ministre sera nommé par
le président de la république dans le parti ou la coalition politique
qui aura la majorité parlementaire. Aussi les ministres sortiront également
de cette majorité », a souligné ce député national.
En ce qui concerne la formation de ce gouvernement, l’Alliance pour la
majorité présidentielle (Amp) avait signé les accords
avec le parti lumumbiste unifié (Palu). L’esprit et la lettre
dudit accord dit que le premier ministre viendra du Palu. Tout le monde table
déjà sur la nomination du patriarche Gizenga Antoine à ce
poste. Il aura ainsi la responsabilité de former le gouvernement.
Plusieurs défis attendent les nouveaux dirigeants de la Rdc, notamment
les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat, la consolidation
de la paix et l’unité nationales, la création des emplois,
l’électrification du pays, l’eau potable, l’éducation
et la santé pour tous, les routes ainsi que la lutte contre la corruption
et l’impunité auxquelles s’ajoute la justice sociale.
Si la volonté politique existe, le Congo retrouvera sa position de
1960 dans le concert des nations. D’ici là, ces chantiers doivent
occuper les efforts de ces dirigeants pour que la Rdc ne soit plus dans la
queue du peloton des pays les performants en matière du développement
humain.
Octave M. Luamuele - L’Avenir - Digitalcongo.net 02/12/20006