Des soldats rebelles partisans du général Laurent
Nkunda ont pris dimanche la ville de Sake, dans l'est du Congo, après
un bref engagement avec des casques bleus de la Mission des Nations unies
au Congo (Monuc) et des combats contre l'armée gouvernementale qui
ont fait cinq morts et une cinquantaine de blessés, annonce l'Onu.
Les soldats de Nkunda, qui constituaient les 81e et 83e brigades de l'ancienne
armée congolaise mais ont refusé d'être intégrés
aux nouvelles forces armées après la guerre qui a duré de
1998 à 2003, ont attaqué samedi Sake à l'arme lourde,
faisant fuir des milliers de civils.
Dimanche matin, les gouvernementaux ont lancé une contre-attaque
mais ont été repoussés et se sont retirés.
"Ce matin, la 11e brigade intégrée a lancé une
attaque contre la 83e brigade. Cette attaque a échoué et à 10h30
(08h30 GMT) les forces gouvernementales avaient abandonné Sake",
a précisé le commandant Ajay Dalal, porte-parole du contingent
indien affecté au maintien de la paix dans la province du Nord-Kivu.
"Les 81e et 83e brigades contrôlent Sake et les collines environnantes.
La Monuc est également présente à Sake", a ajouté l'officier,
selon lequel les soldats rebelles seraient entre 600 et 800.
Auparavant, les hélicoptères de combat de la Monuc avait tiré des
coups de semonce et des casques bleus avaient pris position sur la route
entre Sake et Goma, chef-lieu de la province, à la frontière
avec le Rwanda, pour empêcher toute progression rebelle dans cette
direction.
"La Monuc essaie de faire se déployer les 11e et 9e brigades
(de l'armée gouvernementale) afin d'empêcher d'autres mouvements
(des rebelles). Actuellement il n'y a plus de tirs à Sake et on ne
fait pas état de mouvement vers Goma", a précisé le
commandant Dalal.
Un officier rebelle a assuré pour sa part que les partisans de Nkunda
ne projetaient pas de se diriger vers Goma.
Le ministre congolais de l'Intérieur, Denis Kalume, a déclaré que
les troupes gouvernementales se trouvaient sur la route entre Sake et Goma.
Selon un responsable de l'Onu, les combats ont fait cinq morts, dont trois
civils, et une cinquantaine de blessés, parmi lesquels dix civils,
mais ce bilan pourrait s'alourdir.
Ces combats, après des mois de calme relatif dans l'est de la RDC,
se déroulent sur fond de tensions dans la capitale, Kinshasa, où des
partisans de Jean-Pierre Bemba, rival malheureux du chef de l'Etat Joseph
Kabila au second tour de la présidentielle, le 29 octobre, contestent
le résultat du scrutin.
Reuters L'Express 22/11/2006