KINSHASA - Le gouvernement de la République démocratique du
Congo (RDC) a entamé mercredi la revue de tous les anciens titres forestiers
attribués à des sociétés pour une meilleure gestion
des ressources naturelles du pays, a indiqué un communiqué du
ministère de l'Environnement reçu à l'AFP.
Au total, 156 titres forestiers couvrant plus de 20 millions d'hectares (soit
le tiers de la surface exploitable de RDC), devront être examinés
par une commission interministérielle à laquelle participent
des représentants d'ONG, des communautés locales et un expert
indépendant.
"Le processus de conversion des anciens titres forestiers en contrats
de concessions forestières ne doit pas être perçu comme
une opération visant tout simplement la convertibilité des titres
forestiers", a déclaré le ministre de l'Environnement, José Endundo, à l'ouverture
de ces travaux prévus jusqu'à la mi-septembre.
"Il doit être considéré au contraire comme la voie
obligée de faire respecter et appliquer rigoureusement les lois et les
règlements qui organisent la gouvernance forestière dans notre
pays", a-t-il poursuivi.
Ces titres, obtenus entre 1980 et 2005, seront soit validés et convertis
en concessions forestières, soit annulés s'ils sont jugés
illégaux.
La RDC, dont la forêt constitue le deuxième poumon de la planète
après l'Amazonie, exporte environ 200.000 m3 de bois, essentiellement
brut, par an. Cette exploitation génère 49 millions de dollars.
Mais l'Etat congolais ne perçoit que 1,8 million USD de taxes et impôts,
selon le ministère de l'Environnement.
A l'issue de cette session, la RDC veut "tirer des dividendes de ses
propres forêts" en s'assurant notamment "d'un meilleur recouvrement
des taxes et redevances forestières", a souligné M. Endundo.
La RDC veut également "réduire d'au moins un tiers les
superficies exploitées, assurer un contrôle forestier performant
avec l'appui des structures autonomes internationales et assurer une profitabilité aux
populations locales qui dépendent des forêts, aux entités
territoriales décentralisées", a ajouté le ministre
de l'Environnement.
L'organisation écologiste Greenpeace a affirmé mercredi que
les grands groupes forestiers opérant en RDC ont mis en place un système
d'évasion fiscale grâce à la sous-facturation du bois qu'ils
exportent, "pillant ainsi la région et ses populations".
Selon Greenpeace, ces sociétés fixent des prix de vente - vers
d'autres entités du groupe - artificiellement bas, réduisant
ainsi le niveau de leurs taxes à l'exportation ainsi que la taxation
sur les bénéfices dans le pays d'origine du bois.
Greenpeace met directement en cause le groupe allemand Danzer, dont le siège
social est en Suisse, dénonçant la façon dont il opère
en RDC, via sa filiale Siforco, mais également au Congo voisin.
©AFP / 30 juillet 2008 19h16