L'ambassade d'Allemagne à Kinshasa s'occupe du dossier, en coordination avec les autorités congolaises, a précisé un porte-parole du ministère à l'AFP.
La chercheuse était en mission pour le compte de l'Institut Max-Planck de Leipzig (est) spécialisé dans la recherche anthropologique.
Selon l'Institut, elle a disparu jeudi dans le parc national de Salonga alors qu'elle était partie avec son assistant dans la forêt observer des bonobos.
Dans un communiqué publié sur son site, l'Institut souligne mardi qu'aucune activité de rebelles n'est signalée à proximité de son camp.
Les deux chercheurs étaient munis de cartes, de compas et d'appareils de liaison satellitaire. Mais faisant fi des "consignes strictes" de l'Institut interdisant de se déplacer seul, la chercheuse a décidé de faire seule le chemin de retour à pied vers le camp Lui Kotal, jeudi midi.
Elle a emprunté l'un des chemins principaux du parc, doté de repères tous les 50 mètres, précise l'Institut. Une cinquantaine de personnes ont entrepris des recherches dès jeudi soir.
"L'alerte a été rapidement lancée et nous avons envoyé des équipes de gardes forestiers et de pisteurs à sa recherche. Jusqu'à hier (lundi), nous ne l'avions pas retrouvée", a précisé à l'AFP Cosma Wilungula, administrateur délégué général de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) à Kinshasa. "C'est très rare que des chercheurs disparaissent comme ça", a-t-il ajouté.
"On ne sait pas du tout ce qui s'est passé. Elle a pu se perdre, être mordue par un serpent. L'hypothèse d'un enlèvement par des braconniers est assez peu probable", a indiqué de son côté, sous couvert de l'anonymat, un chercheur de l'Institut Max-Planck en RDC.
Le camp de recherche Lui Kotal est situé dans le sud-ouest du parc Salonga (centre-ouest de la RDC), grand de 36.000 km2 et inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Pour l'atteindre, il faut 3 heures d'avion de Kinshasa, puis une marche de 25 km dans la forêt.
Le parc Salonga est menacé par un braconnage intensif qui décime sa population d'éléphants (actuellement d'environ 2.000) et par l'occupation humaine, car plusieurs villages sont installés dans les limites du parc.
Les bonobos, espèce menacée endémique à la RDC, sont estimés à environ 15.000
(©AFP / 27 mai 2008 13h38)